Entre santé préventive et hospitalité, la frontière ne s’efface pas : elle s’organise.

(Suite)

Chez ORA Longevity, la technologie ne remplace jamais l'humain. Elle nourrit le dialogue entre les experts et le client. Yoakim TREGARO
Chez ORA Longevity, la technologie ne remplace jamais l'humain. Elle nourrit le dialogue entre les experts et le client. Yoakim TREGARO

WELLNESS MEDICALISÉ 
Jusqu’où peut aller l’hospitalité ?

À mesure que le Wellness se rapproche de la santé préventive et de la longévité, la question n’est plus seulement de savoir jusqu’où aller, mais aussi où s’arrêter. Comment faire dialoguer expertise médicale, prévention et expérience hôtelière sans brouiller leurs rôles respectifs ? Entre réglementation, crédibilité, personnalisation et expérience client, deux professionnels nous livrent leur vision de cette convergence.

Yoakim TREGARO Directeur Wellness Groupe Barrière
Yoakim TREGARO
Directeur Wellness
Groupe Barrière

Yoakim TREGARO
Directeur Wellness Groupe Barrière
En France, le « Wellness médicalisé » n’est pas une catégorie juridique autonome. Le Wellness intervient principalement dans le champ de la prévention et de l’amélioration durable des modes de vie : activité physique, nutrition, sommeil, gestion du stress ou récupération. La frontière est franchie dès lors que nous entrons dans l’établissement d’un diagnostic, la prescription, le traitement d’une pathologie ou l’interprétation clinique d’informations de santé. Le sujet n’est donc pas tant celui de la frontière médicale que celui de l’organisation. Dans le modèle ORA, l’hospitalité orchestre l’expérience globale du client, tandis que les professionnels de santé conservent la gouvernance exclusive de la dimension médicale. Cette distinction est fondamentale : la médecine ne peut pas devenir une simple composante marketing d’une offre de séjour, et un programme de prévention ne doit pas laisser croire qu’il se substitue à un parcours de soins. Concrètement, nous ne cherchons pas à proposer une accumulation de tests ou de technologies, mais à construire une lecture préventive et intelligible de la vitalité d’une personne. Le parcours associe consultation médicale, analyses biologiques réalisées avec un laboratoire partenaire, évaluations morphologiques et fonctionnelles, ainsi qu’une analyse du mode de vie. Ces éléments alimentent ensuite un programme personnalisé autour des grands déterminants de la santé préventive. Plus largement, l’avenir ne réside pas dans une médicalisation croissante du Wellness, mais dans une meilleure orchestration entre la santé préventive, le bien-être et l’hospitalité. La France dispose d’atouts uniques pour inventer son propre modèle de la longévité, préventif sans être pseudo-médical et personnalisé sans être intrusif. Car la longévité ne doit pas nécessairement être ascétique. Elle peut aussi s’inscrire dans le plaisir, l’élégance, la gastronomie, le mouvement, la nature et l’émotion. C’est probablement là que l’hospitalité française peut apporter une véritable différence.

La bonne approche consiste, selon moi, à structurer une offre Wellness-longévité mesurable et personnalisée, sans sortir du registre de l’expérience hôtelière, en s’appuyant notamment sur des partenaires capables d’apporter un concept adapté à l’établissement, une méthode, la formation des équipes et un suivi dans la durée. Louis DE VILMORIN
La bonne approche consiste, selon moi, à structurer une offre Wellness-longévité mesurable et personnalisée, sans sortir du registre de l’expérience hôtelière, en s’appuyant notamment sur des partenaires capables d’apporter un concept adapté à l’établissement, une méthode, la formation des équipes et un suivi dans la durée. Louis DE VILMORIN
Louis DE VILMORIN Co-fondateur et Directeur Général de WellWays
Louis DE VILMORIN
Co-fondateur et Directeur Général de WellWays

Louis DE VILMORIN
Co-fondateur et Directeur Général de WellWays
Un hôtel n’est pas un lieu de soin, le client vient chercher une expérience, pas un diagnostic. Se médicaliser, c’est risquer d’introduire de l’anxiété clinique là où l’on recherche du bien-être. Pour l’hôtelier, c’est aussi entrer dans un cadre réglementaire qui n’est pas le sien : dispositifs médicaux, données de santé, personnel soignant, responsabilité civile, auxquels s’ajoutent des coûts importants en équipements et en personnel. Or, ce que l’on sous-estime encore, c’est la grande fragmentation du marché du Wellness-longévité : marketing sans rigueur scientifique, équipements qui ne communiquent pas entre eux, bilans parfois anxiogènes qui ne débouchent sur aucune action et manque de praticiens réellement formés. L’hôtelier se retrouve alors à devoir construire sa propre solution sur un sujet qu’il ne maîtrise pas nécessairement. La bonne approche consiste, selon moi, à structurer une offre Wellness-longévité mesurable et personnalisée, sans sortir du registre de l’expérience hôtelière, en s’appuyant notamment sur des partenaires capables d’apporter un concept adapté à l’établissement, une méthode, la formation des équipes et un suivi dans la durée.

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