L’art de la chaleur : gestes, rituels et sécurité sensorielle

(Suite)

Chaque espace possède sa propre manière de dialoguer avec le corps. La chaleur se manifeste également à travers les rituels : une compresse d’herbes sur la nuque, une serviette chaude sur le visage, ou encore la chaleur diffuse d’un lit de soin chauffé.
Chaque espace possède sa propre manière de dialoguer avec le corps. La chaleur se manifeste également à travers les rituels : une compresse d’herbes sur la nuque, une serviette chaude sur le visage, ou encore la chaleur diffuse d’un lit de soin chauffé.

La chaleur est l’un des langages les plus universels du bien-être. Elle relâche les tensions, assouplit les tissus et invite le corps à se laisser aller. Dans les Spas, elle s’incarne d’abord dans les lieux : la vapeur enveloppante du hammam, l’intensité du sauna où le löyly épaissit l’air, la stabilité minérale d’un lit de quartz ou la chaleur profonde d’un dôme infrarouge.
Chaque espace possède sa propre manière de dialoguer avec le corps. Elle se manifeste également à travers les rituels : une compresse d’herbes sur la nuque, une serviette chaude sur le visage, ou encore la chaleur diffuse d’un lit de soin chauffé. Ce sont des gestes précis et silencieux, qui ancrent et apprivoisent les tensions. Au-delà de l’aspect physique, la chaleur crée une sécurité sensorielle. Elle ralentit et apaise le corps par sa présence stable. Dans les espaces chauds, elle devient immersion : un volume, une densité d’air, une lumière tamisée. Par paliers successifs, elle réchauffe en douceur, permettant au corps de se détendre et de se préparer à passer d’un espace à l’autre.

Thermothérapie & santé mentale : premiers indicateurs prometteurs

Une étude pilote1 publiée en 2025 a exploré une approche combinant psychothérapie et chaleur corporelle pour traiter la dépression. Trente adultes atteints de trouble dépressif majeur ont suivi un protocole combinant thérapie cognitivo-comportementale en visioconsultation et hyperthermie corps entier réalisée deux fois par semaine via un dôme infrarouge. L’objectif n’était pas d’évaluer l’efficacité thérapeutique, mais de déterminer si cette approche combinée pouvait être mise en œuvre et suivie sans difficulté. Les résultats sont encourageants : 96 % des participants ont mené l’étude à terme, et 86 % d’entre eux ne remplissaient plus les critères du trouble dépressif majeur à l’issue de l’intervention.
La plupart des participants recommanderaient cette approche à un proche, ce qui témoigne d’un haut niveau d’adhésion. Ces données restent toutefois exploratoires, car l’étude ne permet pas d’établir si l’hyperthermie apporte un bénéfice spécifique au-delà des autres composantes du protocole. Ces résultats préliminaires soulignent la nécessité de clarifier le rôle exact de l’hyperthermie dans le cadre d’un accompagnement psychologique et nourrissent l’intérêt pour les effets potentiels d’une exposition contrôlée à la chaleur.

Le froid, entre maîtrise et Écoute de soi

Longtemps utilisé dans le sport de haut niveau pour soulager l’inflammation et favoriser la régénération musculaire, le froid s’est démocratisé pour toucher un public beaucoup plus large. Il est devenu le marqueur d’une approche du bien-être dans laquelle l’inconfort contrôlé est perçu comme une preuve de discipline et de maîtrise de soi.
Depuis la pandémie, la recherche de pratiques renforçant la résilience, améliorant la stabilité émotionnelle et permettant de retrouver un équilibre personnel s’est nettement accélérée. Dans ce contexte, l’exposition au froid s’est imposée. L’intensité de sa réponse physiologique, la netteté de sa perception sensorielle et son effet quasi instantané sur l’énergie en font un outil de régulation émotionnelle et de self-care contemporain. Cependant, cette montée en puissance s’accompagne aussi d’une surenchère scénarisée, entre défis viraux et immersions extrêmes, qui peut parfois brouiller la compréhension de l’impact réel du froid sur le corps, transformant un outil de régulation en scène de performance. Or, rien n’est plus éloigné de l’esprit de cette pratique, qui consiste avant tout à apprendre à s’écouter.

Les hommes et les femmes réagissent différemment au froid, et ces différences ne traduisent ni une fragilité ni un avantage mais simplement de fonctionnements physiologiques distincts.
Les hommes et les femmes réagissent différemment au froid, et ces différences ne traduisent ni une fragilité ni un avantage mais simplement de fonctionnements physiologiques distincts.

PERSPECTIVE D’EXPERT
le froid : NUANCES PHYSIOLOGIQUES, RÉPONSES SINGULIÈRES

Selon Susanna Søberg, chercheuse danoise et spécialiste du métabolisme et de la thermorégulation, les femmes ne sont pas « trop sensibles » aux bains froids : elles ont simplement besoin d’un accompagnement adapté. Les hommes et les femmes réagissent différemment au froid, et ces différences ne traduisent ni une fragilité ni un avantage, mais simplement de fonctionnements physiologiques distincts. Les femmes disposent souvent de davantage de tissu adipeux brun, une graisse métaboliquement active qui produit de la chaleur sans frisson. Elles se refroidissent également plus rapidement au niveau des extrémités, notamment au niveau des mains et des pieds. Pour autant, hommes et femmes maintiennent leur température centrale avec la même efficacité. Les femmes y parviennent grâce à une vasoconstriction plus prononcée, qui réduit l’afflux sanguin vers les extrémités pour préserver les organes vitaux.
Ces spécificités ont des implications concrètes :
Confort et durée : les femmes peuvent avoir besoin de plus de temps pour s’habituer au froid ou bénéficier, au début, de séances plus courtes.
Cycle menstruel : les fluctuations hormonales peuvent influencer la tolérance au froid ; ajuster la durée ou l’intensité de la séance en fonction des phases du cycle permet d’améliore le confort et l’efficacité.

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