
longévitÉ
Enfin pensée pour les femmes
Par Beth McGroarty
Pendant longtemps, le marché de la longévité a été dominé par les hommes, mais l’avenir s’écrira au féminin.
À l’instar de la médecine, le marché de la longévité reste implicitement pensé au masculin : le parcours de santé des femmes est encore trop souvent extrapolé à partir de données et de protocoles masculins. Cette époque touche à sa fin. Les recherches confirment en effet que les femmes vieillissent selon des mécanismes spécifiques, l’ovaire jouant un rôle central dans l’équilibre de leur santé. Ralentir ce déclin pourrait devenir la prochaine grande avancée des biotechnologies, et de nombreuses chercheuses s’y consacrent déjà. Nous verrons ainsi à l’avenir davantage d’interventions adaptées aux femmes, des tests de vieillissement ovarien considérés comme un nouvel indicateur clé de la santé, et le retour de l’hormonothérapie substitutive. Cette tendance marque le passage d’offres centrées sur la ménopause à une logique de longévité visant à accompagner les femmes à chaque étape de leur vie. Du resort à la clinique, en passant par la télésanté, les salles de sport, le diagnostic et les objets connectés, l’ensemble du marché s’adaptera. Avec, à la clé, un esprit moins performatif et davantage centré sur l’humain.

Contre la sur-optimisation
Le rejet de l’injonction à la performance
Par Jessica Smith
Un paradoxe se dessine : jamais la santé n’a été aussi mesurable, et jamais elle n’a semblé aussi lourde en charge mentale. À force de suivre les scores de sommeil, les courbes de glycémie et les marqueurs de vieillissement, le bien-être glisse du ressenti vers une performance qu’il faudrait « faire correctement ». Les avancées dans la recherche sur la longévité, les diagnostics et les technologies de santé ont élargi le champ des possibles, mais l’optimisation permanente a un prix : plus de données ne signifie pas toujours plus de clarté. Beaucoup se retrouvent submergés par l’auto-suivi, avec une forme de paralysie de l’analyse et la peur de « mal faire ».
Cette tendance ne rejette pas la science mais signale un rééquilibrage nécessaire. En 2026, les offres mettront l’accent sur la régulation (notamment du système nerveux), le bien-être émotionnel et le plaisir plutôt que sur les mesures. On assiste ainsi à l’essor de saunas « sociaux » vécus comme des rituels plutôt que comme des épreuves ; à l’ouverture de cliniques esthétiques où la beauté est envisagée comme un soutien au mieux-être plutôt que comme une « correction » ; à une alimentation plus hédoniste, à des pratiques somatiques de libération du stress, et à des technologies conçues pour agir en arrière-plan, sans tableaux de bord ni injonctions. Le message est clair : il ne s’agit plus d’optimiser davantage, mais de sortir de l’état d’alerte et de retrouver du lien et de la vie.

L’essor du neurowellness
La régulation du système nerveux est en passe de devenir la prochaine
frontière de la santé
Par Heidi Moon
Le neurowellness désigne des pratiques et des outils qui partent d’une idée simple : la capacité du système nerveux à se réguler est un pilier du bien-être au quotidien. Le neurowellness gagne du terrain à mesure que l’on comprend que l’un des principaux obstacles au bien-être n’est pas un manque de volonté, mais une surcharge du système nerveux. Le sommeil en devient la porte d’entrée : les objets connectés ont popularisé des indicateurs de récupération, de variabilité de la fréquence cardiaque (HRV) et de qualité du sommeil, mettant en évidence des états d’alerte persistants du système nerveux.
En réponse à une vie moderne sur-sollicitante, cette tendance se déploie sur deux registres. D’une part, une neurotech plus accessible (neurofeedback, dispositifs autour du nerf vague, technologies de neuromodulation) permet d’intégrer l’entraînement du système nerveux à des parcours d’accompagnement, y compris chez des professionnels de la santé mentale. De l’autre, des pratiques « douces » (respiration, toucher, yoga ou Feldenkrais) sont requalifiées en outils de régulation. Par exemple, le programme « Brain Enhancement » de Kamalaya, vise à équilibrer le système nerveux et à améliorer la résilience émotionnelle, en combinant neurofeedback avec EEG, respiration et massages, lors de séjours de 8 à 21 nuits.

La Superposition de fragrances
L’art de combiner les senteurs pour créer une identité olfactive unique
Par Olivia Houghton
La superposition de fragrances, ou l’art d’associer plusieurs senteurs pour composer une signature olfactive personnelle, offre une forme de liberté créative pour s’exprimer, influencer nos humeurs et entrer en relation avec les autres. Longtemps cantonné en Occident aux codes du luxe et de la séduction, le parfum réapparaît comme un langage culturel et émotionnel, en écho à des traditions anciennes (Égypte, Arabie, Inde) où la senteur avait un sens : rituel, statut, intention.
Aujourd’hui, la Gen Z et les Millennials réactivent cet héritage par l’expérimentation, portée par TikTok, des communautés indépendantes et des marques qui encouragent le mélange, les effets mood et la création de véritables « garde-robes olfactives ». Les ateliers de layering font du parfum une activité participative, fondée sur le geste, l’apprentissage et le savoir-faire. Cette tendance investit également les lieux et les expériences : des environnements sont conçus pour diffuser des fragrances évolutives, capables de modeler une ambiance et un rituel. La technologie amplifie encore ce mouvement, avec des systèmes olfactifs intelligents et des outils d’IA qui permettant de faire varier les accords au fil de la journée, en fonction de l’activité, du contexte ou de l’état émotionnel.