L’hôtel de demain sera utile, régénératif et profondément relié à son territoire.

(Suite)

Diane Bernardin Fondatrice & Présidente Wellness Consulting
Diane Bernardin
Fondatrice & Présidente Wellness Consulting

LES 8 ERREURS À ÉVITER
Ce qui fragilise encore les projets Wellness français

Après plus de dix-huit ans dans l’univers du bien-être, d’abord dans l’opérationnel puis dans le conseil, j’ai vu les modèles évoluer, les attentes des clients se transformer et les projets gagner considérablement en ambition. Pourtant, certaines erreurs persistent. Nous les retrouvons encore trop régulièrement dans les projets que nous accompagnons et, bien souvent, elles se jouent très en amont de l’ouverture, lorsqu’il est encore possible de les éviter. Car une mauvaise décision à la conception finit presque toujours par se lire dans les résultats. J’ai souhaité lister les huit erreurs que j’observe le plus souvent :

1. CONCEVOIR LE SPA AVANT D’AVOIR ÉTUDIÉ SON MARCHÉ
> L’erreur : partir d’une surface disponible ou d’un concept avant d’avoir étudié la clientèle, la concurrence et le potentiel économique.
> Pourquoi elle coûte cher : on investit sur des intuitions plutôt que sur une demande réelle.
> À faire : commencer par une étude de faisabilité qui détermine positionnement, cibles, offre, capacités et hypothèses de revenus.

 

2. SOUS-DIMENSIONNER… OU SURDIMENSIONNER LES ESPACES
> L’erreur : décider du nombre de cabines ou de la taille des espaces sans les confronter aux flux et au business plan.
> Pourquoi elle coûte cher : trop petit, le Spa plafonne son chiffre d’affaires ; trop grand, il supporte des m² et des charges qu’il ne rentabilisera jamais.
> À faire : dimensionner chaque espace selon sa fréquentation et son potentiel économique.

 

3. CONFONDRE SPA D’HÔTEL ET WELLNESS DESTINATION
> L’erreur : ajouter quelques programmes, du yoga ou une offre healthy et penser avoir créé une destination Wellness.
> Pourquoi elle coûte cher : le client n’a aucune raison de prolonger son séjour ou de venir spécifiquement pour l’expérience.
> À faire : construire une promesse forte qui irrigue hébergement, nutrition, mouvement, soins et expériences.


4. COPIER UN CONCEPT INTERNATIONAL SANS L’ADAPTER
> L’erreur : reproduire ce qui fonctionne en Suisse, aux États-Unis, en Asie ou au Moyen-Orient.
> Pourquoi elle coûte cher : clientèles, culture, réglementation, usages et niveaux de prix diffèrents.
> À faire : s’inspirer des meilleurs modèles tout en construisant une réponse adaptée à son marché, son territoire et sa clientèle.

 

5. PENSER LE WELLNESS COMME UN COÛT, PAS COMME UN MODÈLE DE REVENUS
> L’erreur : considérer le Spa comme un service annexe et bâtir sa rentabilité essentiellement sur les soins.
> Pourquoi elle coûte cher : on sous-exploite son potentiel et les arbitrages CAPEX limitent parfois sa capacité future à générer du revenu.
> À faire : penser dès l’origine un véritable centre de profit et diversifier ses revenus : programmes, retail, memberships, clientèle extérieure, événements ou suivi post-séjour.

 

6. INTÉGRER TROP TARD LES ENJEUX HUMAINS ET OPÉRATIONNELS
> L’erreur : investir dans le décor et les équipements, puis recruter le Spa Manager et les équipes quelques semaines avant l’ouverture.
> Pourquoi elle coûte cher : recrutements, formations, procédures, carte de soins et précommercialisation sont réalisés dans l’urgence.
> À faire : anticiper dès le business plan les compétences, effectifs, coûts RH et besoins de formation nécessaires au niveau de service promis.

 

7. CRÉER UN BEAU CONCEPT… SANS SAVOIR LE VENDRE
> L’erreur : penser qu’un bon produit se commercialisera naturellement.
> Pourquoi elle coûte cher : même le meilleur concept, mal expliqué ou insuffisamment visible, sous-performe.
> À faire : travailler en amont storytelling, stratégie commerciale, campagnes ciblées et formation de toutes les équipes de l’hôtel à vendre l’expérience.

 

8. OUBLIER CE QUI SE PASSE APRÈS LE CHECK-OUT
> L’erreur : considérer que la relation s’arrête à la fin du soin ou du séjour.
> Pourquoi elle coûte cher : le modèle reste transactionnel et oblige à reconquérir sans cesse de nouveaux clients.
> À faire : penser revisite, membership, accompagnement et suivi pour transformer une expérience ponctuelle en relation durable et générer des revenus récurrents.

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